Okinawa
Souvenirs de voyage au pays du Soleil Levant (juillet 2004 par Bertrand Lagadec)
A 10 000 Km de la France … L’archipel nippon : une autre civilisation, un autre rêve. Le rêve pour un karatéka : l’ïle d’Okinawa, à la découverte des origines du Goju Ryu (style de Karaté). Ce World Budosaï (stage mondial), voilà trois ans que le senseï COUSIN (professeur) nous en parle, que nous le préparons et enfin nous y sommes.
Vendredi 16 juillet 23h00, nous sommes à 10 au départ de Quimper pour rejoindre Paris où nous retrouvons nos amis des autres dojos (Boulazac, Guipry, Montguyon, Paris). Excitation ! Samedi 17, 06h 30 décollage vers Francfort puis direction Taïpei (Taïwan), 13 heures de vol et arrivée à Okinawa à 10h 30 heure locale. Chaleur torride : le climat bien sûr mais aussi les retrouvailles avec Miguel, ancien karatéka Quimpérois, installé à NAHA (la Capitale).
A peine installés, trop hâte de découvrir : 100 m et l’aventure commence. Soleil de plomb et la foule dans Kokusaï Dori, l’avenue principale. On se sent englouti tout cru, mal à l’aise dans ce décor multicolore d’un autre monde où s’affichent partout des idéogrammes inconnus. Peur de se perdre, on ne lâche pas Miguel qui dans les dédales du marché nous conduit au restaurant.
Le stress monte : pas un plat connu sur les tables, pas une photo, pas une traduction, une langue totalement inconnue, on nous observe, aucune idée de ce que l’on va manger. Et puis petit à petit, il faut faire face : quelques gestes et deux ou trois mots de japonais ou d’anglais mais que personne ne comprend mais on finit par y arriver.
Les Okinawaiens sont patients, serviables et l’accueil réservé aux Français est excellent. Une curiosité de certains restaurants japonais est de présenter « grandeur nature » les plats proposés dans les menus à partir de reproduction en plastique. Etonnant et bien pratique.
Les jours suivants et parfois les nuits, nous continuons l’exploration de cette île aux multiples facettes où très rapidement nous nous sentons bien. La chaleur est omniprésente et il est bien difficile de rester au soleil (plus de 33 ° à l’ombre). La nuit la température chute à 27°, heureusement tout est climatisé. Miguel nous a préparé quelques excursions et quelques bons plans pour nos soirées…
Direction le nord de l’île vers un village traditionnel tel qu'il existait avant la dernière guerre.
11h00 du matin et déjà il fait chaud, voir même très chaud !!!
Puis visite à l’aquarium, le plus grand au monde. Enorme par les dimensions des bassins, fabuleux par ses poissons multicolores, du plus petit aux requins baleine et autres raies manta.
Un autre jour, nous visitons l'incontournable château de SHURI où vivaient auparavant les rois d’Okinawa. Complètement restauré depuis 1992, une merveille où quelques trésors sont bien gardés.
Le lendemain, la matinée est consacrée à l’achat de nos Karaté Gi (ou kimonos) au magasin SHUREIDO (le top et à moitié prix !). Certains anticipent même le passage de grade et commandent la ceinture noire brodée à leur nom (en japonais et phonétique !).
Le magasin SHUREIDO (comme vous pouvez le lire….)
Après midi, visite du Musée du Karaté : pas de discours, quelques photos suffisent !
Ca sent bon le karaté, il nous tarde de démarrer le stage.
Convivialité autour de très bonnes tables où nous dégustons poissons cuits, sushi, viandes, brochettes accompagnés de pâtes, de légumes (finement tranchés pour les baguettes), de tofu (soja) sans oublier bien sûr le traditionnel riz, base de l’alimentation japonaise.
Jeudi 22 : le grand jour. On enfile les kimonos et direction le Budokan où se déroule le stage World Budo Sai. Etonnant de se promener ainsi en tenue et en pleine ville sans que personne ne soit étonné.
Dans le hall de l'immense Budokan qui est un lieu réservé aux arts martiaux, ça grouille de monde. C'est vraiment impressionnant un rassemblement de 600 karatékas venus du monde entier. On se sent petit et comme des enfants le jour de la rentrée, nous essayons d’apercevoir les maîtres.
Un coup d’œil dans la première salle, frisson : un samouraï ! Un vrai ! Un certain nombre de films vous reviennent à l’esprit … Il nous fait signe d’entrer et nous fait comprendre que notre présence ne le dérange pas. Sympa !
Maintenant ça va être à nous, direction l’étage où nous sommes tous rassemblés pour le premier jour. Accueil par Higaonna senseï bien sûr et traduction assurée par Nakamura senseï !
Début du stage et échauffement dirigés par Higaonna senseï. Inutile de vous dire qu’à 600 dans la même salle et par la température ambiante, les kimonos sont vite trempés. Après cette entrée en matière, nous sommes répartis entre groupes de niveau. Difficile parfois de trouver la place suffisante pour les exercices demandés. Tous les jours, nous aurons le privilège de recevoir des cours par les plus grands enseignants :
Morio Higaonna senseï (Japon 9ème D.a.n.), Terauchi Kazuo senseï (Japon 7ème D.a.n.), Yamashiro Katsuya senseï (Japon 6ème D.a.n.),
Bakkies Laubscher senseï (Afrique du Sud 8ème D.a.n.), Léon Pantanowitz senseï (Israël 7ème D.a.n.),
George Andrews senseï (Angleterre 7ème D.a.n.), Ernie Molyneux senseï (Angleterre 7ème D.a.n.)…
Autre avantage d’un tel stage, pouvoir comparer notre technique à celle des autres nations. J’ai pu ainsi travailler avec des karatékas hindous, chinois (Hong Kong), Sri Lankais, suédois… Facile sur un tatami, nous parlons tous Goju Ryu.
Pour profiter encore plus intensément de notre séjour, nous nous étions inscrits à des stages d’initiation à d’autres disciplines comme le Ryuei Ryu ou le Kobudo (combat avec bâton –Bô). Difficile d’appréhender un art martial inconnu en 2 heures.
A souligner tout de même les qualités des enseignants avec Tsuguo Sakumoto (ancien champion du monde de kata dans les années 1980) et maître Hiroshi Akamine pour le Kobudo.
Le dimanche est réservé à la démonstration des Maîtres. Pendant 3 heures, un spectacle exceptionnel nous permettant de voir dans leurs œuvres tous nos modèles. Sans commentaires ! Rien que du beau !
Emotion aussi avec le kata "Gekisaï dai ichi" exécuté par les 2 arrières petits-fils de Chojun Myagi senseï, le fondateur de l'école, et An'ichi Myagi senseï (10e D.a.n. et 73 ans), un des derniers élèves directs du fondateur avec le kata Tensho.
Côté convivialité, le stage s’est terminé par la traditionnelle "Sayonara Party" où spectacles folkloriques, remises de ceintures et diplômes ont animé cette soirée où nous étions tous réunis pour la dernière fois autour d’un gargantuesque buffet.
Fin du stage ou presque car le senseï nous a réservé une petite surprise : un léger entraînement au dojo de Morio Higaonna senseï !
Nos derniers jours seront essentiellement consacrés à la détente. Balade dans les magnifiques parcs chinois ou japonais, plongée et/ou farniente sur les plages paradisiaques.